- CIE LA RUMEUR USINE HOLLANDER
USINAGE 2009

Pour cette saison 2008-2009, nous avons souhaité privilégier la collaboration avec deux établissements scolaires : Le Lycée Champlain de Chennevières, Enseignement du théâtre et le Lycée Chérioux de Vitry-sur-Seine, BTS Design d’espace. Nous avons élaboré en commun un cycle de travail qui s’est déroulé de décembre 2008 à mai 2009 et s’est construit autour du cinéma d’Alfred Hitchcock pour les élèves de terminales Option facultative théâtre et de l’Illusion Comique de Corneille pour les élèves de terminales, enseignement obligatoire (BAC Théâtre) auquel ont été associés les élèves de BTS Design d’espace du Lycée Chérioux.

M FOR MURDER

Avec Claire Broudo, Angélique Dias, Amandine Godot, Déborah Hulin, Myra Kerbouche, Alexandra Landrieu, Typhaine Marchal, Diana Pambu, Justine Paquier-Vallée, Fabien Roulland, Coline Four, Stéphanie Houngbedji, Christopher
Ben Othman, Natacha Fumukany, Kevin Mettoudi.
Régie: Dicson Mangoboue.

C’est un travail sur le cinéma d’Alfred Hitchcock, un regard sur l’univers de celui qu’on appelait « le maître du suspense »

Hitchcock : les élèves de Terminale connaissent son nom, sans avoir, pour la plupart, vu un seul de ses films. L’expérience des deux années précédentes menées autour de réalisateurs tels qu’Almodovar et Godard a été très enrichissante et nous a donné l’envie de poursuivre l’exploration dans un autre univers cinématographique. Avec Hitchcock, les pistes sont nombreuses : la séduction, le mensonge, la manipulation, le faux coupable, le double, la folie… Les personnages de ses films nous ont semblé au premier abord très éloignés de nos jeunes et pourtant, au fil des répétitions, les élèves se sont pris au jeu et ont trouvé leur manière de s’approprier les dialogues et l’enjeu des situations. Le spectateur d’un film d’Hitchcock se retrouve souvent dans la position de voyeur, à regarder ce qui ne le regarde pas. Il y a un malin plaisir à entrer dans l’intimité de ces personnages qui, sous des apparences parfois très ordinaires, dégagent une étrangeté qui les rend curieux. Il ne s’agissait pas d’essayer de reproduire des scènes de films mais de chercher, sur le plateau, à créer une certaine atmosphère, à partir de textes ou d’images en lien avec l’univers de ces films : états de choc, course contre le temps, jeu sur les apparences ; ça va vite et parfois, ça se pose. Temps suspendu, suspense, tension… le tout rythmé par des musiques de Bernard Hermann. Progressivement, le travail s’est concentré sur trois grands films du réalisateur : La Mort aux trousses, Fenêtre sur Cour et Psychose. II s’est donc agi pour chacun, dans le jeu, de se frayer un chemin entre séduction et manipulation, enquête et soupçons, psychopathie et folie ordinaire.

Natacha Fleury, professeur chargée de l’enseignement du théâtre au Lycée Champlain de Chennevières.